Chronique de Jean-François Achilli sur Eva Joly

Les Verts vont eux aussi avoir leurs primaires, avec peut-être un duel inédit, entre Eva Joly et Nicolas Hulot.

Chronique de Jean-François Achilli dans le 6-7 d’Audrey Pulvar Sur France Inter – 24 01 2011

C’est le mot devenu à la mode en politique, les « primaires », ou que le meilleur gagne. Nous sommes loin du concept de la rencontre d’un homme, ou d’une femme, avec le peuple. Là, il s’agit plutôt de nous vendre le choix d’un appareil souvent compliqué, au terme d’un vote militant, qui ne sera pas forcément en adéquation avec l’ensemble des électeurs. D’où la tentation de certains, à l’image de Martine Aubry et de Dominique Strauss-Kahn, de sceller un pacte. Certains y voient une duperie, d’autres du réalisme, c’est selon.

Avec Eva Joly, le match contre un Nicolas Hulot, s’il décide cette fois d’y aller, s’annonce quelque peu étrange. Il y aurait d’un côté un animateur de télévision très populaire, écolo à fond, mais très peu/ à gauche. Face à l’ancienne magistrate, méconnue du grand public, imbattable sur les paradis fiscaux, la justice, ou les questions sociales. Mais qui doit repasser son brevet d’écologie.

Nous l’avons tout de même testée, dans Dimanche soir politique, l’émission sur France Inter et i Télé, avec Le Monde et Dailymotion.

Je peux vous dire que rares sont les personnalités politiques capables aujourd’hui de livrer un réquisitoire aussi sévère que précis, sur un très grand nombre de sujets, avec des avis tranchés.

Sur Jacques Chirac, dont la santé déclinerait : « Oui, ce procès doit avoir lieu et le coup de la maladie de la personne inculpée, c’est très classique, indigne de la part de l’ex-président », assène la députée européenne.

A propos du Médiator : « nous savons que Nicolas Sarkozy n’hésite pas à intervenir directement dans les affaires judiciaires et que l’on peut craindre qu’il y ait une petite dette de gratitude », déclare l’ancienne magistrate, qui réclame la nomination d’un juge indépendant et rappelle que « le cabinet d’avocat du président de la République était l’avocat de Servier qui a été décoré personnellement par Nicolas Sarkozy ».

Eva Joly s’indigne également des déclarations de Michèle Alliot-Marie, à propos de la Tunisie, estime que Jean-Luc Mélenchon est « un tribun un peu démodé », « vieille gauche, issu de la troisième République », et Nicolas Hulot, « pas assez politique ». Une sacrée distribution de coups, délivrés avec sévérité ou émotion, au gré des sujets. Elle apprend vite.

A-t-elle ses chances ? Eva Joly en tous les cas entame son marathon médiatique, en vue de ces primaires vertes, qui pourraient se dérouler avant l’été. Si elle continue sur cette lancée, ses sentences et son parler vrai risquent de trouver de plus en plus d’écho chez les Français.

Mais bon, il en va d’Eva Joly, comme des autres prétendants en piste pour la précampagne présidentielle. Il s’agit d’une course contre le temps, qui ne joue pas forcément pour eux, contre leurs appareils, ce qui épuise. Avant la sortie des grands fauves, dans dix mois, ceux qui feront l’élection. A moins qu’un « petit candidat », homme ou femme, d’ici là, devienne grand, très grand. Et fabrique une nouvelle légende, celle de 2012.

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