Europe écologie : le retour en force des idées et d’une vision en politique

article publié sur europe-ecologie.fr

J’ai décidé de rejoindre Europe écologie, en choisissant de démissionner de mes responsabilités au Laboratoire des idées du parti socialiste, après 10 ans passés dans ce parti. Pour deux raisons : le sentiment que la place des idées et les processus démocratiques de décision ne pouvaient changer au PS sans pression extérieure et concurrence à gauche, la conviction qu’Europe écologie donnait d’emblée au projet et au lien avec la société une importance qui n’existe pas dans les structures politiques traditionnelles.

Je souhaite exprimer ici quelques convictions par rapport à ce projet et aux échéances politiques françaises, et en priorité celles de 2012.

Pour moi, le projet d’Europe écologie c’est le retour en force des idées et d’une vision en politique. C’est une question centrale pour la vitalité de notre démocratie que la droite et la gauche de gouvernement ont systématiquement négligée, ou instrumentalisée depuis des années.

La destruction du lien entre politique et pensée du monde est au cœur du sarkozysme. La mise en scène d’une relation avec des intellectuels n’est qu’un moyen parmi d’autres d’occuper l’espace nu du pouvoir. De leur côté, entre passages au pouvoir et opposition, les socialistes n’ont pas réussi à construire un projet et une attitude cohérente. Quant à leur vision du monde, elle reste défensive, embarrassée par la difficulté à concevoir concrètement un modèle de transformation économique et sociale dans la mondialisation. Du coup, l’immédiateté et l’agitation tiennent lieu de temps politique pour l’ensemble des acteurs concernés (opposition, médias). La soi disant ouverture, qui se réduit à une séduction des hommes par l’ambition personnelle, a brouillé les repères ; les mots politiques n’ont plus de sens, annoncent ou cachent des politiques réactionnaires à droite, sont des slogans sans portée concrète à gauche. Le premier acte d’autonomie politique pour Europe écologie c’est de refuser ce raccourcissement du temps et cette vision strictement « occupationnelle » du pouvoir. C’est aussi de refuser une alternance reposant sur la personnalisation et un leadership sans véritable contenu programmatique.

Pour cela Europe écologie doit s’atteler en priorité à définir, faire comprendre et mettre en actes dès aujourd’hui, partout où cela est possible (régions, Parlement européen, groupes de pression associatifs…) son programme de transformation écologique de l’économie et de la société.

Ce qui l’emporte aujourd’hui dans la société française c’est une pensée segmentée, partielle de l’écologie. L’imaginaire politique fonctionne encore en donnant aux socialistes un droit de propriété intellectuelle sur le social -les inégalités, la question de l’emploi, la santé, les retraites-, certains sujets économiques – la reconversion industrielle, les finances publiques- et la gestion des territoires – les transports, une partie de l’éducation, la formation professionnelle et le développement économique. Cette idée reçue doit disparaître. Pour Europe écologie l’enjeu est double : 1) faire entendre que l’écologie est un projet global, 2) imaginer et organiser le passage à l’acte d’un changement de modèle.

Le mouvement des idées en France a traditionnellement plutôt mis l’accent sur les ruptures historiques que sur les transitions. Celles-ci ne sont souvent apparues et n’ont été interprétées qu’a posteriori. Il s’agit ici, au contraire, de les penser a priori dans l’ensemble de leurs composantes (savoirs, production, contenu de la croissance, urbanisme, relations entre le Nord et le Sud, rôle des acteurs publics/privés) et de commencer à les organiser en liant le temps long de la transformation avec celui de son passage à l’acte, celui de l’action politiqe.

Europe écologie doit être une utopie concrète, une utopie en actes, où l’exercice des responsabilités politiques se conjugue avec l’exemplarité des comportements et la curiosité du monde.

Lucile Schmid

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1 Response to “Europe écologie : le retour en force des idées et d’une vision en politique”


  1. 1 Gérard B 21 mai 2010 à 10:26

    Mme Schmid, décidément vous ne changerez jamais! MOI, JE, Mon EGO… Vous oubliez votre passé au PSU et chez les trostkistes…

    Votre conception de la politique se rapproche assez bien de la Formule 1 : les pilotes recherchent l’écurie qui paye le mieux avec le moteur qui fait le plus de bruit…

    Vous prétendez rester dans le monde des idées, mais vous passez d’un parti qui pône la régulation et qui défend les services publics à un ensemble qui a voté au parlement européen la dérégulation du transport ferroviaire de passagers et donc à terme le démantèlement de la SNCF… Ce n’est qu’un exemple pour vous faire comprendre que vous devez arrêter de nous faire croire que vous n’avez pas changé de vêtements.


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