Du militantisme et de ses passions

Mon départ du parti socialiste a suscité de nombreux commentaires au sein du parti. Beaucoup de militants m’ont témoigné de leur amitié, certains m’ont contacté afin de discuter ensemble de mon choix, d’autres encore m’ont assuré de leur soutien. La réaction de Jean Luc Richard, postée il y a quelques jours, est lourde de reproches et m’inspire trois réflexions:

  • je regrette que, l’émotion, le souci de prendre parti et surtout la violence l’emportent sur le dialogue. Même si je me suis fixé comme ligne de conduite de ne pas répondre sur le même ton… je suis en colère de tant de méchanceté gratuite. Et ce d’autant plus que nous nous sommes connus avec Jean Luc Richard avant mon adhésion au parti socialiste et que j’apprécie ses travaux sur l’immigration, question emblématique des combats à mener contre l’idéologie du gouvernement. Que peut bien gagner le parti socialiste à ces prises de position sinon à donner le sentiment …qu’il vaut mieux ne pas y entrer ?
  • avons-nous la même conception du militantisme? Je crois en un militantisme de gauche ouvert sur la société, où une certaine liberté de parole garantit la sincérité des engagements. Depuis 2002 (je rappelle que nous sommes en 2010) j’espère m’être améliorée par rapport à certaines maladresses. Dans cette première campagne législative qui m’avait beaucoup appris, j’avais été frappée par le sentiment d’abandon de certains habitants des cités de Boulogne Billancourt. La fermeture de Renault, les projets de promotion sur l’île Séguin fragilisaient considérablement des populations immigrées, de culture ouvrière qui cherchaient un avenir pour leurs enfants. Dans ces quartiers l’abstention est régulièrement de plus de 50%…à une exception près, le vote pour Ségolène Royal à la présidentielle de 2007. N’est-ce pas sur des questions comme celle-là (l’abstention) que nous devrions nous interroger collectivement à gauche, plutôt que de nous jeter l’anathème ?
  • ne faut-il pas que tous ceux qui souhaitent construire une victoire aux présidentielles de 2012 travaillent ensemble? Faut-il le rappeler…je ne suis pas une adversaire des socialistes, mes idées n’ont pas changé,…Mais je sais une chose : la gauche ne gagnera pas en 2012 si elle se déchire, si elle ne redonne pas une place centrale aux idées et ne se rapproche pas des préoccupations des citoyens. Comment faire ? Etre proche ne saurait se réduire à distribuer des tracts et à serrer des mains. Construire un projet politique ce n’est pas seulement agiter des idées. Inventons ensemble d’autres manières de faire de la politique: dans la proximité et de vrais clivages avec la droite, dans le refus du court terme et de l’agitation en politique, dans la reconnaissance de la qualité et de l’efficacité des combats menés par les associations sur l’immigration, les libertés publiques, les inégalités sociales.
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1 Response to “Du militantisme et de ses passions”


  1. 1 JL RICHARD 8 mars 2010 à 1:01

    Chère Lucile,

    Il n’y a pas chez moi de méchanceté gratuite, ou alors elle est involontaire, et ma réaction à ta démission de la vice-présidence du Laboratoire des idées l’illustrait :
    https://lucileschmid.wordpress.com/2009/12/23/merci-a-tous/

    Par contre, un peu de réflexivité sociologique, permet de comprendre comment est perçu un engagement qui a pris la forme d’investitures rapides après peu de militantisme dans un parti (d’autres tout aussi méritants et dévoués depuis longtemps ne sont jamais investis), l’accès à une fonction élective régionale qui était essentielle pour la gauche du Val de Seine, puis un départ sitôt acquis qu’on n’est pas de nouveau investi(e).
    Si vraiment, ta décision est la conséquence de plusieurs années de prise de distance, alors il ne fallait pas candidater à l’investiture au sein du PS pour le mois prochain. Et si on candidate, et je parle en connaissance de cause, c’est aussi accepter d’être écarté(e) -comme je l’ai été parfois-, comme d’être investi -ou élu comme j’ai été élu 2 fois sur 4 candidatures municipales-.

    Je te souhaite bonne chance dans tes nouvelles actions politiques, mais il est clair que les socialistes ont besoin d’engagements de long terme, qui se poursuivent sous une forme ou sous une autre, même après la fin de celui-ci, et que pour les mandats régionaux, dans l’Ouest parisien, il ne sert sans doute à rien qu’ils aillent à des militants de villes où le PS a déjà un conseiller général.

    Bien cordialement,

    JL R


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