Indicateurs de développement économique. Au-delà des grand messes.

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La remise du rapport Stiglietz hier m’inspire des sentiments mêlés. Le fait que la philosophie de nouveaux instruments de mesure pour compléter le PIB progresse, correspond à mes convictions. Il reste que la mise en scène ultramédiatique qui en a été faite à la Sorbonne me met mal à l’aise. Pas seulement parce que Nicolas Sarkozy en a fait l’occasion d’une promotion personnelle. Aussi parce que les pionniers en France et en Europe de cette nouvelle manière de penser l’économie –Jean Gadray, Dominique Méda par exemple- ont été totalement marginalisés dans ce moment au profit d’économistes plus connus ou plus communicants. Le fait que ceux qui étaient sous les feux de la rampe n’aient pris au sérieux que récemment la philosophie des nouveaux indicateurs semblait presqu’un détail.

Alors c’est vrai aujourd’hui je me sens en colère. En colère contre le fait que nous socialistes n’ayons pas pris au sérieux cette nouvelle pensée économique il y a 10 ans. Je crois d’ailleurs et je l’ai préconisé au sein de mon parti que nous devons dans les territoires dont nous avons la responsabilité la mettre en œuvre vite. Mais aussi en colère contre un rouleau compresseur médiatique qui interdit d’avoir la mémoire des engagements et de ce qui a déjà été dit ou fait. Ne restent plus que des mots qui sont vidés de leur sens par ce culte de l’immédiateté…et de la personnalité.

Quand l’excitation des images sera calmée, que restera-t-il ? Une contradiction consubstantielle entre les politiques menées par Nicolas Sarkozy et cette nouvelle pensée économique. Car au-delà des indicateurs quels sont les grands principes de cette approche ? C’est une pensée qui propose de replacer au centre la personne, de déconstruire les rapports de domination traditionnels. Prendre en compte le bien être, donner une place au travail domestique, à la qualité de vie, prendre en compte les nombreuses limites d’un modèle strictement productif. Sans doute est-ce pour cela que je me sens si en colère, moralement en colère. L’instrumentalisation de ce débat pour faire de la communication m’est particulièrement insupportable. Au quotidien nous vivons l’inverse. Des conditions de travail de plus en plus difficiles pour de nombreux salariés, un déclassement de la jeunesse, une éducation nationale qui manque de moyens humains et matériels.

Comment alors combattre cette instrumentalisation ? En menant ce débat avec ceux qui sont concernés, avec chaque Français. Enchaîner tout de suite sur le terrain démocratique puisque la bonne manière de redonner de la chair à ce débat -de le sortir de la connivence- c’est d’aller vers la démocratie -débat avec les députés, débat avec les citoyens.

Ce sujet me semble emblématique et pourrait marquer le début d’une bataille des idées qui ne se résume pas à une bataille des mots. C’est une bataille pour donner aux mots un sens et qu’ils portent un engagement politique. Il y a comme dans l’enchaînement des discours sur la crise, une sorte de machine infernale de récupération qui se met en place. Combattons la.

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