Retrouver l’humanité enfin…

Comme chaque année les socialistes ont tenu au festival d’Avignon une journée de débat où intellectuels et professionnels du monde de la culture se confrontaient aux élus. L’actualité était marquée par la crise du parti socialiste avec ses difficultés de leadership, mais surtout par des difficultés de financement d’un grand nombre de projets culturels qui fragilisent leur avenir et précarisent des milliers d’emplois.

J’étais présente dans une matinée animée par Sylvie Robert responsable nationale socialiste à la culture, sur les liens entre culture et politique, avec Joêl Roman éditeur et essayiste,  Jean-Pierre Vincent metteur en scène,  Robert Cantarella qui dirige le nouveau lieu culturel du 104 à Paris et Patrick Bloche député de Paris adversaire acharné de la loi HADOPI. Les socialistes ont été interpellés avec force sur la nécessité de trouver un second souffle pour porter un projet culturel. Mais j’ai été surtout marquée par l’apostrophe de Jean Pierre Vincent. « Où sont les Manuel Valls et les Vincent Peillon ? Pourquoi cette nouvelle génération ne vient-elle plus à Avignon prendre le temps d’être surprise, subjuguée par la force d’une création ? Ne pas parler de la culture mais la vivre ». Comme un écho complémentaire le maire adjoint à la culture de Villeurbanne rappelait la tradition du TNP pour ajouter immédiatement « mais comment pourra-t-on garder la force de cette culture populaire face à des gens qui n’ont plus d’emploi, qui ne voient pas d’avenir à leurs enfants, qui oscillent entre révolte et résignation ? »

Pour moi qui me sens souvent partagée entre le monde de la politique et celui de la culture où j’exerce mon activité professionnelle, il était central de souligner combien le monde politique apparait dans ses valeurs et ses rythmes de plus en plus distant de celui de la culture. Loin de la profondeur, du temps de la création et du désintéressement, la politique impose réactivité, omniprésence, porosité, parfois complaisance. Et pourtant si tous ces leaders politiques se ressemblent n’est-ce pas qu’aucun d’entre eux ne prend le temps d’aller écouter, regarder, rêver, lire quelques heures chaque semaine pour prendre enfin cette épaisseur qui manque tant ? Retrouver l’humanité enfin… Et même si je sais que la culture est d’abord un instrument de liberté pourquoi ne pas introduire un peu de culture obligatoire dans le monde politique ? Que ce ne soient plus les attachés de presse qui préparent les déclarations sur le roman préféré, celui qu’on emporte sur une île déserte ou l’interprétation favorite de la 9e symphonie de Beethoven…

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