11 juin 2007 – Liberation – Vote en machine contre vote à la main

Vote en machine contre vote à la main
Les ordinateurs électoraux équiperont 82 communes, malgré les défiances et les recours.

ROUSSEL Frédérique

Vendredi, les 105 machines à voter qui vont officier dans les 98 bureaux de Brest ont été vérifiées une dernière fois. Pour être fin prêtes dimanche à 8 heures. Comme à Mulhouse, au Havre et Issy-les-Moulineaux, les urnes transparentes ont été mises au rancart. Au total, 82 communes vont utiliser ces machines, pour environ 1,5 million d’électeurs sur 44,5 millions. Mais le système ne convainc pas tout le monde dans la cité brestoise où un collectif réclame un moratoire. Amiens vient justement de faire volte-face en revenant aux traditionnels bulletins dans les 18 des 68 bureaux qui devaient voter électronique. «Compte tenu de la réticence exprimée par de nombreux administrés à l’égard de ce nouveau système de vote […] Gilles de Robien [le maire UDF, ndlr] a décidé que cette utilisation se ferait à titre purement expérimental», a fait savoir la mairie, vendredi. Les électeurs des bureaux concernés pourront donc tester à blanc les machines laissées sur place.

Depuis deux mois, la polémique enfle, amplifiée par une pétition (1) qui avait recueilli, vendredi, plus de 73 000 signatures pour le maintien du vote papier. Des partis (PS, Verts, PCF…) ont réclamé un moratoire. A Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), la fronde, émanant d’habitants et de membres de l’opposition au conseil municipal dirigé par André Santini (UDF rallié à Nicolas Sarkozy), a obligé la mairie à remplacer en catastrophe les 45 ordinateurs qui n’avaient pas été agréés par le ministère de l’Intérieur. Les détracteurs n’ont pas renoncé pour autant. Des référés ont été déposés devant des tribunaux administratifs. A Couëron, Suresnes, Noisy-le-Sec, Cergy-Pontoise, des recours d’habitants ont été déboutés. Jeudi, le juge des référés de Versailles a rejeté dix recours isséens au motif qu’«à la supposer établie», la non-conformité des machines «ne permet pas, à elle seule, de caractériser une atteinte grave à la liberté fondamentale que constitue l’exercice du droit de suffrage». Du coup, une requête en cassation a été déposée vendredi matin au Conseil d’Etat.

L’affaire a continué de s’envenimer, à Issy. Santini a assigné, vendredi, en référé devant le Tribunal de grande instance de Paris, Lucile Schmid, candidate (PS) aux législatives, et Laurent Pieuchot, conseiller municipal, pour la diffusion d’une «information» qualifiée de «mensongère». Objet du courroux : un tract qui invitait les électeurs à vérifier que les machines à voter présentent toutes les garanties ou, à défaut, de faire part de leurs réserves sur le procès verbal des opérations électorales. «André Santini confond la légalité des machines, que personne ne conteste, et leur fiabilité, qui est pour le moins discutable. Plutôt que d’engager un débat de fond avec les citoyens, il demande, dans l’urgence absolue, au juge judiciaire, qui n’est pas chargé du contentieux électoral, de museler ses opposants», a commenté Vincent Tolédano, l’avocat de la défense. Vendredi, le tribunal a jugé que le texte incriminé ne devait plus être diffusé. Lucile Schmid et Laurent Pieuchot ont décidé de faire appel.

(1) http://www.ordinateurs-de-vote.org

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