Merci à tous

Depuis ma décision de quitter le laboratoire des idées du parti socialiste, j’ai reçu de nombreux messages de soutien. Ces témoignages amicaux ont été essentiels pour moi, ils m’ont appuyée et confortée dans mes choix. C’était aussi pour moi l’occasion de mesurer la profondeur et la « durabilité » de certaines amitiés. La politique doit être l’occasion de tisser des liens pour donner aux idées et aux engagements une profondeur humaine. Elle se réduit trop souvent à un jeu d’alliances et de contre alliances sans réelle sincérité. Cela participe à la décrédibilisation de la vie démocratique que nous constatons aujourd’hui.

Nous sommes nombreux à avoir envie de faire exister la gauche sur le terrain des idées. Nous sommes nombreux à vouloir arrêter la machine à perdre. Ma démission n’est pas un renoncement. Elle s’inscrit dans la perspective d’un travail efficace pour définir une alternative au modèle de société que nous impose Nicolas Sarkozy , modèle qui se révèle chaque jour un peu plus comme un modèle des destructuration sociale à rebours de notre idéal d’égalité. Le temps passe, nous n’avons pas le droit de faire l’impasse sur 2012.

Bonnes fêtes à tous. Que 2010 marque le retour de la gauche à une vraie vigueur politique.

Lucile Schmid

J’ai adressé ce message à celles et ceux qui m’ont envoyé des messages amicaux, je le recopie ici pour ceux que je n’ai pas pu contacter.

Point Actu

Lettre à Martine Aubry

Paris, le 21 décembre 2009

Madame la Première secrétaire, chère Martine,

J’ai décidé de démissionner de mes responsabilités de vice présidente du Laboratoire des idées. Cette démission s’inscrit dans une perspective : celle de continuer à travailler dans d’autres lieux, avec plus d’efficacité et une plus grande ouverture à la construction d’un projet de gauche pour 2012.

Pour moi ce projet doit s’inscrire dans une vision globale des aspirations à gauche, prenant en compte le foisonnement des initiatives de la société civile, des syndicats, des associations, des partis et des formations politiques qui dessinent aujourd’hui le champ des oppositions à Nicolas Sarkozy et aux politiques qu’il mène. Nous sommes en effet dans un moment où le désir de gauche n’a jamais été aussi sensible dans le champ des idées comme dans l’opposition sociale. Qu’il s’agisse de l’immigration, des libertés publiques, des droits à l’emploi et au logement, de la lutte contre la précarité, il est urgent de donner un débouché politique à des luttes vitales pour notre dignité.

J’ai pesé cette décision. Pour moi, la création du Laboratoire des idées après le congrès de Reims qui avait vu les oppositions de personnes l’emporter sur toute vision, représentait une nécessité et un espoir. Mais le temps passe. Un an après sa mise en place, je ne crois pas que, dans l’état actuel du fonctionnement du parti socialiste, cette instance puisse remplir les trois fonctions prioritaires qui auraient dû être les siennes: renouer avec les intellectuels, préparer le projet socialiste pour 2012 et permettre aux militants de participer à l’élaboration du projet à travers les laboratoires fédéraux.

Je crois en effet que ces trois missions supposent une rénovation en profondeur des modes de fonctionnement de notre parti. Le jeu des motions, le processus de décision politique au bureau national qui se fait sans lien avec le laboratoire des idées, l’autonomie croissante des fédérations, les rivalités de clans, l’absence de prise en compte de la compétence, de l’expertise et de l’investissement personnel, tout concourt à marginaliser les idées et à paralyser l’élaboration effective d’un projet.

Je ne peux que tirer les conséquences d’une situation que je déplore.

Je reste socialiste et j’espère pouvoir contribuer avec d’autres à une pensée socialiste hors les murs qui nous manque cruellement aujourd’hui

Amitiés socialistes

Lucile Schmid

Actualité du 21 décembre

Suite à l’annonce sur le blog de Jean-Michel Normand (http://partisocialiste.blog.lemonde.fr) de la démission de Lucile Schmid de la vice présidence du laboratoire des idées du parti-socialiste, plus de détails seront publiés sur ce site dans l’après midi.

Ouverture de Copenhague : les dirigeants du monde sont-ils prêts à penser autrement l’économie ?

L’ouverture de la conférence de Copenhague c’est aujourd’hui. Les engagements chiffrés pour réduire les émissions de gaz à effet de serre que pourront prendre les régions de la planète (Europe, Etats Unis, pays émergents comme la Chine et l’Inde) ont été passés à la loupe depuis plusieurs semaines. Ces quelques jours marqueront-ils le début d’un processus de passage à l’acte ? C’est l’enjeu de la semaine.

Le paradoxe est que les engagements chiffrés sont à la fois présentés comme très difficiles à atteindre mais déjà insuffisants pour changer le cours du réchauffement climatique. Comment dans ces conditions conserver à Copenhague l’espoir que nous ayons encore des chances d’éviter un réchauffement qui entraînerait séismes et conflits de territoires?

Cet espoir de Copenhague, ténu mais essentiel pour entrer dans le vif du réel dépend de ce que les principaux dirigeants politiques du monde entier soient prêts à sortir d’une vision productiviste de l’économie, sans pour autant tirer un trait sur l’idée de progrès. Un progrès qui repose sur le respect d’une planète dont nous devons respecter la « finitude ». Un progrès fondé sur le respect de l’humanité et la prise en compte des générations qui vont suivre la nôtre. A Copenhague les chefs d’Etat devront montrer qu’ils sont capables de sortir de la dictature du court terme qui structure la vie politique aussi bien que l’économie.

Retrouvez des informations sur le sommet mondial de Copenhague dans longlet dédié ->

Une place à tout prix?

Plusieurs personnes sont venues ces dernières 24 heures me demander si « j’allais passer à Europe Ecologie », après mon éviction de la liste socialiste.

J’ai pensé qu’il valait mieux répondre par écrit à cette question qui en comportait implicitement d’autres négatives- «passer à Europe écologie par dépit », « passer à Europe écologie pour avoir une place à tout prix »- ou positives – rejoindre Europe écologie parce je que j’y crois, que je souhaite que la région Ile de France soit à gauche, qu’aujourd’hui un projet de gauche doit faire le lien entre question sociale et développement durable -…

Trois points donc:

  • la démarche d’Europe écologie qui rassemble des personnes qui sont engagées en politique et d’autres venues de la société civile connues pour leurs engagements citoyens, correspond à l’objectif d’ouverture de la politique que je défends au parti socialiste depuis plusieurs années. Comment n’y serais je pas favorable ?
  • je ne passerai pas d’une candidature à une liste socialiste à une candidature sur une liste Europe Ecologie.

C’est vrai mon éviction de la liste socialiste m’a surprise, je l’ai vécue avec colère et tristesse. Elle m’a montré que le système d’attribution des places dans mon parti s’éloignait de plus en plus des objectifs de principe affichés (non cumul, parité, ouverture, priorité aux idées..). Mais elle a eu aussi l’intérêt de me faire ressentir progressivement depuis quelques semaine que cette question des places était pour moi de plus en plus secondaire par rapport aux idées et aux valeurs.

  • le parti socialiste irait bien mal s’il était tenté d’assimiler des contacts de ces responsables avec Europe écologie –faut-il le rappeler Daniel Cohn Bendit est venu me soutenir lors de mes deux campagnes législatives en 2002 et 2007 et les liens entre écologistes et socialistes ne datent pas d’hier, simplement aujourd’hui le parti socialiste craint une inversion du rapport de forces électoral – avec des contacts avec l’ennemi. Ne faut-il pas que nous nous interrogions plutôt nous socialistes sur le fait qu’Eric Besson est devenu une pièce maîtresse du dispositif Sarkozy alors qu’il a eu pendant 10 ans des responsabilités importantes au PS ? N’est ce pas l’indice que la logique du pouvoir pour le pouvoir était en train de marquer des points au sein même du PS pendant ces années? Pour donner un avenir au parti socialiste nous devons le rénover, le changer. Vraiment !

Aujourd’hui comme numéro 2 du Laboratoire des idées du PS je suis heureuse d’avoir des contacts avec Europe écologie. Car je crois qu’il est temps de réfléchir ensemble à porter un projet de gauche à débattre front contre front avec la droite.

Liste validée.

La liste socialiste pour les élections régionales a été approuvée hier par les militants à 64%. Majorité correcte dans un contexte de vote militant qui doit cependant être relativisée par une forte abstention et de vraies divergences selon les villes.

A Vanves la liste a été repoussée (20 contre, 2 abstentions et 6 pour).

Je prends acte de ces votes. Ma volonté d’affirmer que la mise en œuvre des principes de rénovation (parité et non cumul) votés par les militants socialistes en octobre ne pouvait attendre est renforcée après ces résultats.

Je n’ai qu’un souhait : que la campagne des régionales donne aux électeurs les éléments d’un vrai choix politique, projet contre projet. Les semaines qui viennent doivent permettre de faire partager aux citoyens une vision économique, sociale et écologique, ancrée dans les valeurs d’égalité et de solidarité, pour notre territoire d’Ile de France.

Je voterai contre la liste présentée aux militants

Chers lecteurs,

La liste départementale socialiste pour les régionales 2010 sera soumise au vote des militants socialistes des Hauts-de-Seine aujourd’hui, jeudi 3 décembre. Comme certains d’entre vous le savent, alors même que j’avais proposé de conduire cette liste, je n’y figure pas.

Le choix que l’on impose aux militants est difficile. Entre deux situations inconfortables que choisir? Une mauvaise liste, ou son refus; dans les deux cas le signal envoyé est négatif.

Au-delà de mon cas personnel je pense que cette liste est une erreur.

- j’avais présenté ma candidature au titre du non cumul et de la parité. Or, contrairement aux candidats hommes sortants qui ont tous été reconduits, aucune des candidates femmes sortantes, ne l’a été. Quant au non cumul, chacun peut constater à la lecture de la tête de la liste ce qu’il en est … Force est donc de constater que, en dépit de l’affichage, en dépit surtout de leur très large adoption par référendum militant -le 1er octobre, la volonté de réellement porter ces principes, n’est pas là. Sans volonté forte, le passage à l’acte n’aura pas lieu.

- je fais partie du secrétariat national du PS depuis janvier 2009. Je m’y occupe, aux côtés de Christian Paul, de la préparation du projet pour 2012. Que ce soit sur le nouveau modèle de développement, les discriminations, ou le partage des richesses nous nous sommes mis au travail dès janvier 2009. Pour moi, cet investissement représente un plus important pour la campagne car ces thèmes y seront centraux. Il m’a, au contraire, été reproché sur cette base de ne pas « être une femme de terrain » ;

- par rapport à la logique de nos adversaires, la droite –Santini/Rama Yade- et de nos partenaires –Europe écologie, Pierre Larrouturou- ma candidature a du sens : travail sur les discriminations et la diversité, représentation de l’opposition électorale à Santini, bonne connaissance des thèses de Pierre Larrouturou, dont j’apprécie la démarche.

Pour ces trois raisons, je voterai contre cette liste jeudi soir.

Lucile Schmid

La social-démocratie peut-elle être la solution pour construire une “bonne” société?

C’est la question qui m’a été posée, en tant que responsable du laboratoire des idées du PS, par le magazine européen et anglophone the Social Europe Journal dans le cadre du débat écrit en ligne: Good Society Debate: Débat pour une bonne société. Des hommes et femmes, politiques ou universitaires européens, y ont participé. Vous trouverez ci dessous le texte que j’ai proposé.

Desperately looking for social-democracy.

What is left of social-democracy?

Regrets at first, and a feeling of revolt. Regrets for we failed to reconcile values, a political vision and sound practices of power. Doubts appeared a decade ago. Today, it is no more a question of doubts or even of crisis; something broke, like at the end of a story; at the end of hope.

It then remains a feeling of vacuity, and again of revolt. Read full text

Recherche social démocratie désespérément

Que reste-t-il aujourd’hui de la social démocratie ?

Des regrets et une révolte d’abord. Le regret de n’avoir pas su concilier des valeurs, une vision et des pratiques de gestion du pouvoir. Il y a une décennie que le doute s’est instauré. Mais aujourd’hui ce ne sont plus seulement des doutes, ou même une crise, c’est une brisure, la fin d’un espoir et d’une histoire. Et pour beaucoup de citoyens un reniement qui s’est peu à peu installé au nom d’une pensée unique partagée à droite et à gauche sur l’économie et l’acceptation des inégalités.

Un vide ensuite et une révolte de nouveau. Lire l’article

Good Society Debate: Débat pour une bonne société – Texte français

Recherche social démocratie désespérément

Que reste-t-il aujourd’hui de la social démocratie ?

Des regrets et une révolte d’abord. Le regret de n’avoir pas su concilier des valeurs, une vision et des pratiques de gestion du pouvoir. Il y a une décennie que le doute s’est instauré. Mais aujourd’hui ce ne sont plus seulement des doutes, ou même une crise, c’est une brisure, la fin d’un espoir et d’une histoire. Et pour beaucoup de citoyens un reniement qui s’est peu à peu installé au nom d’une pensée unique partagée à droite et à gauche sur l’économie et l’acceptation des inégalités. Continuer la lecture ‘Good Society Debate: Débat pour une bonne société – Texte français’

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